Avant de chercher une solution, vérifier où nous sommes
La première leçon posait une question simple : quand certaines choses se répètent dans notre vie, avons-nous pris le temps de demander à Dieu si nous sommes réellement là où il veut que nous soyons ? Cette deuxième partie reprend la même question, mais va plus loin : il ne suffit pas de vouloir que Dieu change une situation. Il faut parfois commencer par examiner notre position, nos choix et ce qui nous conduit.
La vie comporte des tests, des troubles et des épreuves. Faire constamment la même chose en espérant un résultat différent ne change pas la situation. Et la foi ne consiste pas à transformer la prière en formule magique, à attendre qu’une imposition des mains règle automatiquement tout, puis à éviter toute évaluation personnelle lorsque rien ne change.
Les questions deviennent donc très concrètes : suis-je dans le travail où Dieu veut que je sois ? Dans la relation où il veut que je sois ? Entouré des personnes qu’il veut autour de moi ? Dans l’église où il me conduit ? Est-ce que je sers là où il me veut ? Et surtout, quelle place le Saint-Esprit occupe-t-il réellement dans mes décisions quotidiennes ?
Être dans la volonté de Dieu ne signifie pas vivre sans difficultés. Les difficultés existent dans les deux cas. Ce qui change, c’est leur nature et ce qu’elles produisent. Une épreuve vécue sur le chemin de Dieu n’a pas le même sens qu’une conséquence née d’un chemin que nous avons nous-mêmes choisi.
Le torrent de Kerith : la provision était « là »
« 2Et la parole de l’Éternel fut adressée à Élie, en ces mots : 3Pars d’ici, dirige-toi vers l’orient, et cache-toi près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. 4Tu boiras de l’eau du torrent, et j’ai ordonné aux corbeaux de te nourrir là. 5Il partit et fit selon la parole de l’Éternel, et il alla s’établir près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. 6Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, et du pain et de la viande le soir, et il buvait de l’eau du torrent. 7Mais au bout d’un certain temps le torrent fut à sec, car il n’était point tombé de pluie dans le pays. »
1 Rois 17.2-7 · LSG
Dieu n’avait pas simplement promis de nourrir Élie. Il lui avait indiqué un endroit précis. Les corbeaux avaient reçu l’ordre de le nourrir « là ». L’eau était « là ». La provision était déjà préparée, mais elle était liée à la direction donnée par Dieu.
C’est l’image de l’endroit appelé « là-bas ». Il existe, dans la volonté de Dieu, un lieu de paix, de joie, de provision et de but. Si Élie avait préféré aller ailleurs, les corbeaux n’avaient pas reçu l’ordre de le suivre. De la même manière, une augmentation de salaire, une relation, une offense, le désir de contrôler une situation ou une nouvelle opportunité peuvent nous faire quitter l’endroit où Dieu nous conduisait.
Le piège consiste ensuite à vouloir que Dieu déplace la provision vers l’endroit que nous avons choisi. Pourtant, dans cette image, ce n’est pas Dieu qui retire sa présence ou son amour. C’est nous qui nous sommes éloignés du flux de ce qu’il avait déjà préparé.
Il faut aussi savoir reconnaître quand le torrent est sec. Un emploi, une saison, une mission ou une situation peuvent avoir été justes pendant un temps puis arriver à leur terme. Rester à Kerith après que le torrent s’est tari n’est pas plus spirituel que d’avoir refusé d’y aller au départ. La question reste la même : où Dieu conduit-il maintenant ?
Jésus est notre torrent, et le Saint-Esprit nous conduit chaque jour
« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. »
Jean 7.38 · LSG
Jésus est présenté comme le torrent ultime. La provision n’est pas recherchée dans d’autres sources spirituelles, mais en Christ. Et, pratiquement, le Saint-Esprit conduit le croyant vers son « là-bas » du jour : l’endroit où se trouve ce que Dieu a déjà préparé pour cette étape de sa vie.
Cette direction n’est donc pas seulement réservée aux grandes décisions. Elle doit devenir quotidienne. La question peut être aussi simple que : « Saint-Esprit, conduis-moi aujourd’hui vers mon endroit appelé là-bas. » Nous ne savons pas toujours où il se trouve, mais nous pouvons apprendre à dépendre de celui qui sait.
Hors de la volonté de Dieu, on ne perd pas le salut
Sous la nouvelle alliance, une mauvaise direction ne signifie pas que le croyant perd son salut. Elle ne signifie pas non plus que Dieu cesse de l’aimer. Ce qui peut être perdu, c’est l’expérience du flux de certaines choses que Dieu avait préparées sur le chemin : la paix, la joie et la capacité à porter du fruit.
« Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »
Philippiens 4.7 · LSG
« Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Jean 15.11 · LSG
« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »
Jean 15.5 · LSG
La paix, la joie et la capacité à porter du fruit restent disponibles en Christ. Mais lorsqu’on s’éloigne de ce que l’on sait que Dieu nous a demandé, quelque chose peut commencer à sembler faux : « Je ne me sens plus à ma place. Quelque chose ne va pas. » C’est précisément pour cette raison qu’une offense, l’argent ou l’opinion des autres ne devraient pas décider à la place du Saint-Esprit.
Le Saint-Esprit agit comme un GPS
« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »
Jean 16.13 · LSG
Une erreur de direction n’est pas une condamnation définitive. L’image utilisée est celle d’un GPS lorsque l’on conduit une voiture : lorsque nous ratons une sortie, le GPS recalcule l’itinéraire. De la même manière, Dieu sait nous rediriger. Une mauvaise décision peut appeler une correction paternelle et un changement de trajectoire, pas une vie entière passée sous la condamnation.
Il faut cependant accepter le nouvel itinéraire. Le Saint-Esprit peut montrer qu’il faut faire demi-tour, mais il ne force pas la décision. Le vrai examen devient donc : qui conduit ma vie ? Le Saint-Esprit ? L’argent ? Le désir ? La convoitise ? La fierté ? Une personne ? Une influence en ligne ? Le fait que nous soyons capables de faire quelque chose ne signifie pas que cette chose corresponde au but pour lequel Dieu nous a façonnés.
Le danger est de savoir que nous allons dans la mauvaise direction et de continuer tout de même parce que nous voulons que cette direction finisse par fonctionner. Pourtant, il est toujours possible de faire demi-tour. Il ne faut pas avoir tellement peur de se tromper que l’on refuse ensuite de reconnaître une erreur et de revenir sur le chemin.
Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu
« 38Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, 39ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Romains 8.38-39 · LSG
Rien ne peut séparer le croyant de l’amour de Dieu en Christ.
Mais une autre question est posée : qu’avons-nous, nous, laissé prendre une valeur supérieure à Dieu dans notre vie ? Une personne, une addiction, l’argent, le besoin de reconnaissance, une influence, une ambition ? Dans cette définition, une idole n’est pas seulement une statue : c’est ce à quoi nous attribuons plus de valeur qu’à Dieu.
Le recentrage proposé est volontairement simple : aimer Dieu et aimer les autres. On peut accumuler les arguments bibliques et les débats, mais si tout cela ne produit ni amour pour Dieu ni amour pour les personnes, quelque chose s’est perdu en route.
Dieu travaille aussi sur nos désirs
« car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
Philippiens 2.13 · LSG
Le Saint-Esprit ne se contente pas de donner des directions extérieures. Dieu travaille à l’intérieur de nous. Il peut changer ce que nous voulons, nous donner de nouveaux désirs et faire perdre leur attrait à certaines choses que nous poursuivions auparavant. Le réalignement n’est donc pas seulement : « fais ceci au lieu de cela ». Il touche aussi le cœur et le vouloir.
« Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. »
Romains 6.14 · LSG
C’est ce qui permet de résumer la différence avec l’ancienne alliance : dans la nouvelle alliance, sous la grâce, sortir de la volonté de Dieu peut nous faire perdre l’expérience de la paix, de la capacité à porter du fruit, du repos, de la liberté ou de la sagesse que nous trouvons sur ce chemin, mais pas la présence ni l’amour de Dieu. Sa volonté n’est pas un fil tendu au-dessus du vide sur lequel il faudrait marcher sans jamais trébucher. Elle est un alignement avec Christ, et le Saint-Esprit continue de nous y ramener.
Des tempêtes dans les deux cas, mais pas pour la même raison
L’un des points majeurs de cette deuxième leçon est qu’il y aura des difficultés que nous soyons dans la volonté de Dieu ou en dehors. La présence d’une épreuve ne permet donc pas, à elle seule, de conclure que nous avons raté Dieu.
Lorsque nous sommes hors de sa volonté, certaines difficultés peuvent être des conséquences que nous avons nous-mêmes mises en mouvement. Dieu n’a pas nécessairement produit la situation, mais il peut utiliser ce qui en résulte pour nous alerter, nous réaligner et nous ramener. L’image est celle de Jonas : une tempête liée à une direction refusée.
Lorsque nous sommes dans la volonté de Dieu, les difficultés peuvent au contraire se dresser contre l’assignation. L’image devient celle de Paul : persécution, prison, naufrage, opposition. Le but de l’épreuve n’est plus de signaler que nous sommes sur le mauvais chemin, mais de résister à ce que Dieu nous a confié. Ces épreuves peuvent alors renforcer la foi, produire de l’endurance et faire mûrir.
Cette distinction oblige aussi à être prudent lorsque nous observons la vie des autres. Beaucoup de difficultés ne prouvent pas automatiquement qu’une personne est hors de la volonté de Dieu. Elle peut au contraire être en plein milieu de son assignation.
La maturité se voit dans la manière de traverser les difficultés
On ne grandit pas seulement dans les périodes confortables. Les contrariétés, les critiques, les relations difficiles et les frustrations deviennent des occasions de maturité. Le progrès se voit lorsque nous cessons de quitter une situation à chaque offense, de garder de l’amertume ou de ressentir le besoin de répondre à chaque attaque.
Creflo reprend une phrase de Taffi : il faut montrer « la meilleure version de soi-même » et, si l’on n’est pas capable de la montrer dans un moment précis, savoir se retirer de la situation. En effet, le fait de pouvoir se taire, poser une limite et ne pas laisser ses émotions prendre le contrôle est un signe de croissance spirituelle.
Le confort n’est donc pas le critère permettant de reconnaître la volonté de Dieu. Une vie sans aucune confrontation ne produit pas nécessairement la maturité. Avec le temps, certaines épreuves qui nous bouleversaient auparavant perdent leur pouvoir parce que nous avons grandi.
Les conséquences que nous fabriquons nous-mêmes
Certaines difficultés sont simplement auto-infligées. L’exemple donné est volontairement très concret : le Saint-Esprit avertit un homme marié de ne pas aller prendre un café avec une autre femme. Il y va quand même. Puis vient une nouvelle invitation, qu’il rationalise parce qu’il s’agit cette fois de thé. Peu à peu, ses émotions et sa convoitise prennent le dessus. La conséquence ne tombe pas du ciel : elle est en train d’être construite décision après décision.
Le principe est de ne pas spiritualiser après coup ce que nous savions déjà ne pas devoir faire. La grâce reste disponible et Dieu demeure un secours dans la détresse, mais grandir avec le Saint-Esprit signifie aussi apprendre à écouter l’avertissement avant que la conséquence ne soit produite.
Le rejet peut parfois être une protection
Nous pouvons nous épuiser à vouloir être acceptés par quelqu’un, à vouloir être invités, choisis ou aimés, alors que ce refus nous protège peut-être d’une réalité que nous ne voyons pas encore. Une relation qui n’aboutit pas peut être douloureuse sans être nécessairement une perte.
Par exemple : une personne peut se marier malgré l’absence persistante de paix, puis découvrir un conjoint violent. Une mauvaise décision ne doit pas être maintenue au nom de la religion. La phrase « Dieu hait le divorce » ne doit pas servir à demander à quelqu’un de rester là où il est frappé, insulté ou constamment dévalorisé. Dans ce cas, la première consigne donnée à une femme battue est de se mettre à l’abri et de se séparer de son mari au moins tant que la violence persiste. Le message est clair : Dieu hait le divorce, mais il ne cesse pas d’aimer les personnes qui passent par un divorce.
Le point rejoint le reste de la leçon : il faut apprendre à reconnaître les signaux, notamment la paix, et ne pas laisser la peur, la solitude ou la religion nous maintenir dans un endroit qui n’est pas celui où Dieu nous conduit.
Ce qu’il faut examiner
La volonté de Dieu n’est pas présentée comme une vie sans problème, mais comme l’endroit d’alignement où le Saint-Esprit nous conduit, où nous pouvons recevoir ce que Dieu a déjà préparé et où les difficultés elles-mêmes peuvent servir notre croissance plutôt que résulter de décisions que nous avons fabriquées.
La bonne nouvelle reste la même : même après une mauvaise sortie, le Saint-Esprit continue de conduire. Dieu travaille dans le vouloir et dans le faire. Il ne cesse pas d’aimer, et il sait recalculer l’itinéraire.
Pour méditer
- Où est mon « là-bas » aujourd’hui ? Le torrent où je suis est-il encore celui où Dieu me demande de rester, ou s’est-il tari ?
- Qu’est-ce qui conduit réellement mes décisions : le Saint-Esprit, l’argent, la peur, le désir, l’offense ou le besoin de contrôler ?
- Ai-je perdu la paix ou la joie depuis que j’ai quitté quelque chose que je savais juste ? Suis-je en train de résister au changement d’itinéraire parce que je veux absolument que mon propre chemin fonctionne ?
- Quand l’épreuve arrive, suis-je face aux conséquences d’un chemin choisi hors de la direction de Dieu, ou à une opposition qui cherche à me faire abandonner une assignation que Dieu m’a réellement donnée ?
Passages cités dans l’enseignement
1 Rois 17.2-7 ; Jean 7.38 ; Philippiens 4.7 ; Jean 15.11 ; Jean 15.5 ; Jean 16.13 ; Romains 8.38-39 ; Philippiens 2.13 ; Romains 6.14.
Source
Ce texte est un résumé en français de l’enseignement de Creflo Dollar. Les exemples personnels, analogies et interprétations présentés ici reflètent son enseignement dans la vidéo originale. Ils ont été condensés pour la lecture, sans chercher à les remplacer par une autre interprétation.
Pour suivre l’enseignement complet, vous pouvez regarder la vidéo originale sur YouTube : The Consequences of Being Out of the Will of God Pt 2.
Traduction biblique utilisée : Louis Segond 1910 (LSG).