Se contenter de moins : le danger continue

La leçon précédente définissait le fait de se contenter de moins comme le fait de renoncer au meilleur de Dieu tout en s'accrochant à quelque chose d'inférieur. Cette quatrième leçon poursuit la réflexion de manière très pratique : quels sont les autres dangers de cette attitude, et surtout, comment reconnaître qu'elle est déjà présente dans notre vie ?

Le point de départ reste le même : Dieu a prévu davantage qu'une vie vécue en mode survie, dans la peur, la résignation ou le compromis. Pourtant, il est possible de finir par appeler « normal » ce qui est simplement devenu familier. On peut s'habituer à une relation qui nous détruit, à un travail qui nous éteint, à des attentes très basses ou à une vie constamment dirigée par la peur.

L'objectif n'est pas de nous pousser à quitter impulsivement tout ce qui est difficile. La paix et la direction du Saint-Esprit restent essentielles. Il existe des situations difficiles dans lesquelles nous savons pourtant que nous devons rester. La question est plutôt de savoir si nous sommes encore en train de grandir et d'obéir, ou si nous nous sommes simplement installés dans moins par peur du changement.

Dans la leçon précédente, nous avons vu les dangers de se contenter de moins :

  • Premier danger : oublier qui nous sommes en Christ
  • Deuxième danger : accepter l'esclavage alors que Christ a donné la liberté
  • Troisième danger : ouvrir la porte au compromis

Aujourd’hui, nous continuons cette liste.

Quatrième danger : laisser la survie remplacer la vie abondante

« 10Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »

Jean 10.10 · LSG

Jésus promet une vie abondante. Se contenter de moins fait exactement l'inverse : on cesse d'attendre une vie qui grandit et l'on organise tout autour de la survie. On ne cherche plus à avancer ; on cherche seulement à tenir.

Cette forme de manque ne concerne pas uniquement l'argent. Elle peut être émotionnelle, spirituelle ou relationnelle. Les émotions finissent par diriger toute la vie. La relation avec Dieu devient pauvre. Les relations avec les autres restent constamment déséquilibrées. Pourtant, au lieu de se demander ce qui doit changer, on finit par croire que c'est simplement ainsi que la vie fonctionne.

Il ne s'agit pas de promettre à tout le monde un statut de millionnaire ou une vie sans difficulté. En revanche, nous devons refuser l'idée que le chrétien devrait considérer le fait de constamment « gratter pour survivre » comme un idéal spirituel. Jésus ne nous appelle pas à nous résigner au manque, mais à dépendre de Dieu comme notre source.

Creflo illustre ce point par une femme qui lui demande si continuer à prendre ses médicaments signifie qu'elle manque de foi. Sa réponse est de ne pas jeter les médicaments : ils l'aident actuellement, mais ils ne sont pas son guérisseur. Elle peut continuer à les prendre et croire en même temps que Jésus est son guérisseur. Quand elle ajoute que les médicaments coûtent cher, il l'encourage aussi à faire confiance à Dieu pour la provision. Le point est de ne pas transformer la foi en geste spectaculaire, mais de refuser de décider à l'avance que la situation ne pourra jamais s'améliorer.

Cinquième danger : devenir vulnérable à l'exploitation

« 25La crainte des hommes tend un piège, mais celui qui se confie en l'Éternel est protégé. »

Proverbes 29.25 · LSG

Se contenter de moins peut nous rendre faciles à exploiter. Par peur de perdre une relation, une amitié, un emploi ou l'approbation de quelqu'un, nous acceptons d'être traités injustement pendant que l'autre profite de ce que nous apportons.

La peur des hommes devient alors un piège. On dit oui au mauvais traitement parce qu'on a peur que l'autre parte. On accepte d'être utilisé parce qu'on pense qu'il n'y aura peut-être pas d'autre relation, d'autre ami ou d'autre occasion. Mais la foi répond autrement : ma sécurité ne dépend pas du fait de retenir quelqu'un à tout prix. Dieu peut prendre soin de moi même si cette personne s'en va.

Une phrase résume le problème : lorsque nous croyons que nous ne valons pas grand-chose, nous finissons souvent par donner aux autres la permission de nous traiter comme si c'était vrai. La grâce ne demande pas d'accepter les abus. Elle nous rappelle qui nous sommes déjà en Christ et nous invite à poser des limites qui correspondent à cette identité.

Sixième danger : affaiblir notre témoignage

« 14Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. 16Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

Matthieu 5.14,16 · LSG

Se contenter de compromis ou d'un mode de vie toxique ne touche pas seulement notre propre vie. Cela touche aussi ce que les autres voient de l'Évangile. Si nous parlons de liberté tout en acceptant constamment l'esclavage, ou de transformation tout en nous résignant à ce qui nous détruit, notre lumière devient plus difficile à voir.

L'idée n'est pas qu'un chrétien doit paraître parfait. Elle est que notre vie devrait donner une image crédible de ce que nous annonçons. Beaucoup de personnes ne liront peut-être jamais la Bible, mais elles observeront notre manière de vivre, de poser des limites, de traverser les difficultés, d'aimer et de grandir. Se contenter de moins peut donc finir par présenter un Évangile qui semble sans puissance.

Septième danger : développer une mentalité de défaite

« 37Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. »

Romains 8.37 · LSG

Se contenter de moins finit aussi par changer notre manière de penser. On ne s'attend plus à vaincre ; on se définit comme victime de la vie. La peur, les circonstances, les mauvaises nouvelles, la douleur ou l'incrédulité prennent progressivement le contrôle du récit intérieur.

La différence est résumée ainsi : se contenter de moins dit « je suis une victime » ; la foi dit « je suis plus que vainqueur par celui qui m'a aimé ». Cela ne nie pas ce qui nous est arrivé. Cela refuse de laisser ce qui nous est arrivé devenir notre identité définitive.

Le danger d'une mentalité de défaite est que l'on finit par avoir de faibles attentes, puis par normaliser la défaite. On fait uniquement ce qui paraît sûr. On cesse d'attendre quoi que ce soit de plus grand de Dieu ou de nous-mêmes. Or, le Saint-Esprit connaît la manière dont Dieu nous a façonnés et peut nous conduire vers ce que nous ne voyons pas encore.

Comment savoir si nous nous contentons de moins ?

Après les dangers, voici une série de signes très concrets. Ils ne servent pas à juger les autres, mais à regarder honnêtement notre propre vie.

1. Nous faisons taire nos vrais désirs

Nous savons ce que nous désirons profondément, ce que nous aspirons à construire ou ce que Dieu a mis dans notre cœur, mais nous nous convainquons que nous n'en avons finalement pas besoin. Nous disons « je vais bien comme ça » alors que nous savons que ce n'est pas vrai. Renoncer systématiquement à ce qui est profondément en nous peut être un signe que nous avons commencé à nous installer dans moins.

2. Nous restons dans des relations toxiques ou sans avenir

Nous tolérons le manque de respect, l'exploitation ou des mauvais traitements simplement pour ne pas être seuls. Par exemple, une personne peut toujours payer, toujours porter la faute ou toujours donner pendant que l'autre profite, et rester uniquement parce qu'elle pense qu'elle ne trouvera personne d'autre. Rester par peur de la solitude peut être une manière de se contenter de moins.

3. Nous compromettons nos valeurs

Nous abaissons nos standards d'intégrité, de sainteté ou de respect de soi pour être acceptés ou pour maintenir la paix. Une idée revient : ce que nous compromettons pour obtenir ou garder quelque chose finit souvent par nous coûter cette chose. Si une relation, une position ou une appartenance exige que nous abandonnions constamment ce que nous croyons juste, le compromis est déjà un signal.

4. Nous justifions notre malheur

Nous savons que nous sommes profondément malheureux, mais nous nous répétons : « c'est simplement comme ça que la vie est ». Nous ne cherchons plus à comprendre ce qui ne va pas. Nous apprenons à défendre la situation elle-même, même quand nous savons qu'elle ne correspond pas à la direction de Dieu pour nous.

5. Nous nous installons dans la stagnation

Nous ne voulons plus être challengés, grandir ou étirer notre foi. Le statu quo paraît plus sûr. Pourtant, ce qui paraît sûr peut devenir le véritable danger : Dieu nous prépare à accomplir ce pour quoi il nous a façonnés, et cette préparation demande souvent de grandir. Refuser toute croissance peut nous empêcher d'arriver au prochain « endroit appelé là-bas ».

Un autre risque est de se raconter une histoire jusqu'à finir par y croire. Nous pouvons demander à Dieu de nous aider à regarder honnêtement qui nous sommes aujourd'hui, plutôt que de nous réfugier dans une image religieuse de nous-mêmes, puis de nous conduire vers ce qu'il veut faire de nous.

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6. Nous acceptons de vivre constamment en mode survie

Nous sommes toujours en train de gratter pour nous en sortir et nous avons fini par croire qu'il n'existe rien d'autre. Il ne s'agit pas de nier les saisons difficiles, mais de refuser de transformer la difficulté en identité. « Je ne peux pas faire mieux », « je ne peux travailler qu'ici », « je n'aurai jamais autre chose » : lorsque ces phrases deviennent des certitudes, il faut vérifier si nous n'avons pas simplement arrêté d'espérer.

Nous devons aussi contester l'idée que Jésus devrait être présenté comme pauvre et sans ressources. Plusieurs épisodes des Évangiles montrent qu'il était pourvu selon ses besoins : la pêche abondante, l'argent trouvé pour payer l'impôt, ou encore la maison où le paralytique est descendu par le toit. La pauvreté et la survie ne doivent pas être élevées au rang d'idéal chrétien.

7. La peur dirige nos choix

La peur de l'échec, du rejet ou de l'inconnu devient le véritable guide. Une occasion s'ouvre, mais nous la refusons parce que nous avons peur d'échouer. Une relation saine se présente, mais nous la rejetons à cause de blessures anciennes. Le rejet et l'échec ne sont pas toujours des verdicts : ils peuvent aussi nous faire mûrir ou nous protéger.

8. Nous nous comparons vers le bas

Au lieu de regarder ce que Dieu demande de nous, nous choisissons quelqu'un qui va moins bien et nous nous rassurons : « au moins, je ne suis pas comme lui ». Cette comparaison permet de rester immobile tout en se sentant mieux. Elle remplace le standard de Dieu pour notre propre vie par un standard plus bas, choisi uniquement pour nous rassurer.

9. Nous ignorons les signaux d'alerte

Un emploi, une relation ou un environnement présente très tôt des signes inquiétants, mais nous les expliquons, les spiritualisons ou les minimisons. Puis, quand la situation se dégrade, nous demandons pourquoi cela nous arrive encore. C'est particulièrement visible dans les relations : beaucoup de problèmes étaient déjà visibles au début, mais nous avons préféré croire que nous pourrions changer l'autre ou que les signaux n'étaient pas importants.

Ces signaux d'alerte ne signifient pas qu'il faut devenir méfiant de tout. Ils demandent de ne pas forcer Dieu à confirmer une décision que nous avons déjà prise. Si nous devons constamment inventer une explication spirituelle pour justifier ce que nous voyons clairement, il est peut-être temps d'écouter davantage.

10. La joie et la paix disparaissent

Le dernier signe est une agitation intérieure persistante. La paix peut agir comme un arbitre : quelque chose en nous signale que la direction n'est pas juste. Cela ne veut pas dire qu'une situation difficile est forcément mauvaise. On peut connaitre des moments difficiles tout en sachant qu'on devait y être. La différence est qu'on conserve une paix au milieu de la difficulté. Le problème est lorsque la paix et la joie sont continuellement absentes et que nous restons malgré tout simplement parce que nous avons peur de changer.

Ce qu’il faut examiner

Nous devons donc transformer la question « Est-ce que je me contente de moins ? » en un examen très concret. Est-ce que je réduis mes désirs ? Est-ce que je tolère une relation qui me détruit ? Est-ce que je compromets mes valeurs ? Est-ce que je justifie mon malheur ? Est-ce que j'ai arrêté de grandir ? Est-ce que je vis en mode survie ? Est-ce que la peur décide à ma place ? Est-ce que je me rassure en me comparant à quelqu'un qui va moins bien ? Est-ce que j'ignore des signaux évidents ? Et où sont ma paix et ma joie ?

Le but n'est pas de produire une liste de raisons pour tout quitter. Il est de devenir suffisamment honnête pour reconnaître quand la peur, l'habitude ou le manque d'estime de soi ont pris la place de la direction du Saint-Esprit. Se contenter de moins n'est pas toujours spectaculaire. Cela peut commencer par une petite décision répétée assez longtemps pour devenir une manière de vivre.

La bonne nouvelle est qu'il n'est pas trop tard pour arrêter de se contenter de moins. La grâce ne nous demande pas de rester là où nous sommes. Elle nous invite à nous réveiller à ce que Christ a déjà fait en nous, à écouter le Saint-Esprit et à recommencer à avancer.

Pour méditer

  • Dans quel domaine de ma vie est-ce que je me répète que « c'est comme ça », alors qu'au fond je sais que quelque chose doit changer ?
  • Est-ce que je tolère un mauvais traitement, une relation ou une situation par peur de perdre quelqu'un ou de me retrouver seul ?
  • Quels signaux d'alerte ai-je tendance à expliquer ou à minimiser parce que je veux absolument qu'une situation fonctionne ?
  • Est-ce que la peur de l'échec, du rejet ou de l'inconnu guide certaines de mes décisions plus que le Saint-Esprit ?
  • Où en sont ma paix et ma joie aujourd'hui ? Est-ce que je traverse simplement une situation difficile, ou est-ce que cette absence de paix me signale que je me suis installé dans moins ?
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Passages cités

Jean 10.10 ; Proverbes 29.25 ; Matthieu 5.14,16 ; Romains 8.37.

Source

Ce texte est un résumé en français de l'enseignement de Creflo Dollar. Les exemples personnels, analogies et interprétations présentés ici reflètent son enseignement dans la vidéo originale. Ils ont été condensés pour la lecture, sans chercher à les remplacer par une autre interprétation.

Pour suivre l'enseignement complet, vous pouvez regarder la vidéo originale sur YouTube : The Dangers of Settling for Less Pt 2.

Traduction biblique utilisée : Louis Segond 1910 (LSG).