Après quatre leçons : le but n’est pas de ne plus jamais être blessé

Nous arrivons au terme de cette série avec une distinction essentielle. La liberté ne consiste pas à devenir insensible, à ne plus être déçu ou à ne plus rencontrer de personnes capables de nous blesser. Jésus lui-même a averti que les occasions de chute viendraient. La maturité consiste à ne plus laisser chaque blessure devenir un lieu où notre cœur s’installe.

Au fil des quatre leçons, l’offense est apparue comme un processus beaucoup plus large qu’un simple moment de colère. Elle peut commencer par une parole ou un acte extérieur, devenir une blessure intérieure, fermenter en amertume, produire du ressentiment, refroidir l’amour, ouvrir la porte à des pensées de division et finir par nous déplacer de la Parole, de la paix et de la direction de Dieu.

Mais la série ne se termine pas avec cette progression. Elle se termine avec une autre vérité : le processus peut être interrompu. Nous ne sommes pas condamnés à devenir ce que quelqu’un nous a fait. La grâce nous permet de reconnaître la blessure, de pardonner, de retrouver un cœur souple et de continuer à avancer.

1. L’offense sera proposée ; la prendre n’est pas obligatoire

La première leçon a posé le vocabulaire de tout le parcours. Une offense peut venir vers nous par des mots, des actions, un rejet, une injustice ou un manque de respect. Nous n’avons pas toujours le pouvoir d’empêcher l’événement. Nous avons cependant une responsabilité sur ce que nous laissons ensuite s’installer dans notre cœur.

« 1Jésus dit à ses disciples: Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent! »

Luc 17.1 · LSG

Cette vérité enlève une illusion : la maturité chrétienne ne nous protège pas de toutes les occasions d’être offensés. Elle nous prépare à les reconnaître plus rapidement. Nous pouvons apprendre à voir l’appât avant de mordre, à ne pas confondre la douleur avec une autorisation de nourrir le ressentiment et à refuser qu’une personne extérieure prenne le contrôle de notre paix intérieure.

Cela signifie aussi que nous devons arrêter d’attendre un monde où tout le monde nous traitera comme nous l’espérons. Certaines personnes nous comprendront mal. Certaines nous décevront. Certaines feront réellement du mal. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quel genre de personne nous deviendrons lorsque cela arrivera.

2. Une blessure reconnue peut être traitée ; une blessure cachée peut fermenter

L’un des apports les plus importants de la troisième et de la quatrième leçon est l’appel à l’honnêteté. La foi ne consiste pas à répéter « cela ne m’a pas fait mal » lorsque cela nous a profondément atteints. Creflo Dollar utilise ici une image personnelle forte : pendant des années, il avait rangé certaines blessures comme dans un placard intérieur, jusqu’au jour où le placard ne fermait plus et où ce qui avait été stocké a commencé à ressortir.

Cette image résume bien le danger de la suppression. Ce que nous refusons de regarder ne disparaît pas forcément. Cela peut simplement attendre. Une conversation future, une personne qui ressemble à quelqu’un du passé ou un nouveau rejet peut alors réveiller une douleur que nous pensions avoir dépassée.

L’honnêteté devant Dieu devient donc un acte de liberté : « Père, cela m’a blessé. » Cette reconnaissance ne justifie pas l’amertume. Elle ouvre la porte à la guérison. Nous pouvons apporter la douleur à Dieu sans honte, sans mise en scène spirituelle et sans devoir défendre notre réaction.

3. Le temps ne guérit pas automatiquement l’offense

La série utilise souvent l’image de quelque chose qui fermente. Une offense conservée peut changer de nature avec le temps. La blessure devient amertume ; l’amertume se met à contaminer notre manière de penser ; puis le ressentiment commence à attribuer des intentions : « Il l’a fait exprès », « Elle ne m’a jamais respecté », « On ne peut faire confiance à personne comme eux ».

« 15Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés; »

Hébreux 12.15 · LSG

La racine ne reste pas isolée. Elle produit. Nous la reconnaissons lorsque nous retellons constamment l’histoire, lorsque nous ressentons encore la douleur en l’absence de la personne, lorsque chaque nouvelle relation doit payer la dette de la précédente, ou lorsque notre vision du monde devient de plus en plus pessimiste et méfiante.

C’est ce qui rend le pardon rapide si important. Rapide ne signifie pas superficiel. Il signifie que nous décidons tôt de ne pas installer l’offense, même si le travail émotionnel demande ensuite du temps.

4. Pardonner est un choix de liberté, pas une déclaration d’innocence sur l’autre

Les quatre leçons reviennent constamment au pardon, mais pas comme à une manière de nier la justice. Pardonner ne signifie pas que la personne n’a rien fait. Cela ne veut pas dire qu’une relation doit reprendre exactement comme avant. Cela ne signifie pas non plus que les limites deviennent inutiles.

Le pardon vise d’abord à empêcher l’offense de continuer à nous posséder. Tant que notre paix dépend de la repentance de l’autre, de ses excuses, de sa reconnaissance ou de sa punition, une partie de notre monde intérieur reste entre ses mains. Le pardon dit : je remets cette dette à Dieu ; je ne vais pas construire le reste de ma vie autour de ce qui m’a été fait.

« 13Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. »

Colossiens 3.13 · LSG

Le point de départ est encore la grâce. Nous ne fabriquons pas le pardon pour impressionner Dieu. Nous pardonnons à partir du pardon que nous avons reçu. Lorsque cela nous paraît humainement trop difficile, le parcours nous ramène au Saint-Esprit : nous avons le droit de dire que nous avons besoin d’aide.

5. Le champ de bataille se trouve aussi dans nos pensées et nos paroles

La deuxième leçon a rendu ce point très concret : l’offense grandit dans l’esprit avant de devenir un comportement. Nous la nourrissons lorsque nous répétons la scène, préparons la réponse parfaite, imaginons la revanche ou utilisons chaque conversation comme une occasion de raconter encore ce qui nous est arrivé.

Les paroles peuvent alors devenir un moyen de continuer à arroser la racine. À l’inverse, elles peuvent aussi servir à interrompre une pensée. Le parcours invite à répondre volontairement à certaines suggestions : « Non, je ne vais pas nourrir cela », « Je choisis de pardonner », « Cette offense ne définira pas ma prochaine décision ». Ce n’est pas du déni. C’est une manière de refuser de coopérer avec la pensée qui veut prolonger l’offense.

Nous devons donc surveiller non seulement ce que les autres nous disent, mais ce que nous continuons à nous dire après leur départ. Parfois, la personne n’est plus là depuis des années, mais la conversation continue encore chaque semaine dans notre tête.

6. L’amour et la prière empêchent le cœur de se refroidir

La série associe l’offense prolongée à un refroidissement progressif de l’amour. Le cœur devient moins sensible aux autres, puis moins sensible à Dieu. La compassion diminue. Nous justifions la distance, la dureté ou l’indifférence parce que nous estimons avoir de bonnes raisons.

La réponse proposée est profondément chrétienne : rester enraciné dans l’amour et prier pour ceux qui nous blessent. Prier ne signifie pas demander à Dieu de les punir. C’est les remettre à sa grâce, demander qu’il les éclaire et, en même temps, permettre à notre propre cœur de rester souple.

« 21Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. »

Romains 12.21 · LSG

Cette logique est à l’opposé de la revanche. Elle refuse que le mal reçu dicte le bien que nous sommes encore capables de faire. Elle nous garde libres de bénir, de prier, de poursuivre notre route et de laisser le caractère de Christ devenir visible sous pression.

7. L’enjeu final est de rester aligné avec ce que Dieu nous confie

La troisième leçon a montré le coût potentiel d’une offense non traitée à travers Joseph, David, Jésus, Étienne et Paul. Chacun a connu des situations qui auraient pu devenir des raisons légitimes, humainement parlant, de se fermer, de se venger ou d’abandonner. Pourtant, leur histoire ne s’est pas arrêtée à ce que les autres leur avaient fait.

Joseph a pu regarder ses frères sans laisser leur trahison devenir son identité. David a refusé de prendre le trône avant le temps en utilisant la violence contre Saül. Jésus a prié pour ceux qui le crucifiaient. Étienne n’a pas laissé la lapidation produire une dernière parole de haine. Paul a continué à servir malgré les coups, les prisons, les trahisons et les oppositions.

Le message n’est pas que la douleur n’existe pas. Il est que la mission, l’identité et la relation avec Dieu peuvent rester plus grandes que l’offense. Nous pouvons souffrir sans laisser la souffrance décider de notre prochaine direction.

8. La progression peut être cassée à n’importe quel moment

La dernière leçon suit la progression complète de l’offense jusqu’au désalignement spirituel, mais elle se termine sur la grâce. C’est ce qui empêche cette série de devenir un message de peur. Même si nous reconnaissons aujourd’hui que nous avons déjà dépassé le stade de la simple blessure, il n’est pas trop tard.

Peut-être y a-t-il déjà de l’amertume. Peut-être une relation entière est-elle maintenant filtrée par le ressentiment. Peut-être avons-nous cessé de servir, de prier ou de nous engager à cause d’une offense ancienne. La grâce peut encore interrompre le processus là où nous nous trouvons.

« 11L’homme qui a de la sagesse est lent à la colère, Et il met sa gloire à oublier les offenses. »

Proverbes 19.11 · LSG

Nous pouvons revenir à notre identité, demander l’aide du Saint-Esprit, régler ce qui doit être réglé, poser les limites nécessaires et choisir de ne plus laisser l’offense gouverner. Le chemin de la liberté commence souvent par une décision simple : je ne veux plus porter cela de cette manière.

Un examen final : où en suis-je dans la progression ?

Avant de refermer cette série, il peut être utile de reprendre les étapes sans chercher à se condamner. Pensez à une situation précise, puis demandez-vous honnêtement où vous vous trouvez.

  • Est-ce encore une blessure fraîche que je peux apporter immédiatement à Dieu ?
  • Est-ce devenu une histoire que je répète, une douleur que je nourris ou une racine d’amertume ?
  • Est-ce que j’attribue désormais des intentions aux autres et justifie une division à partir de cette offense ?
  • Mon cœur est-il devenu plus froid, plus méfiant ou moins capable de compassion ?
  • Ai-je abandonné quelque chose que Dieu m’avait confié principalement parce que j’étais blessé ?
  • Quel acte de pardon, de prière, de vérité ou de limite saine le Saint-Esprit me montre-t-il aujourd’hui ?

Il n’est pas nécessaire de résoudre toute l’histoire aujourd’hui pour commencer à sortir du cycle. Il faut cependant cesser de protéger ce qui nous emprisonne. Une offense ne mérite pas de recevoir nos années, notre paix, notre capacité d’aimer ou notre avenir.

[@portabletext/react] Unknown block type "prayerBlock", specify a component for it in the `components.types` prop

L’offense peut être proposée. Elle n’a pas besoin de devenir votre demeure.

À propos de cette série

Cette conclusion est une synthèse éditoriale Selani construite à partir des quatre enseignements de Creflo Dollar consacrés à l’offense. Elle rassemble les idées déjà développées dans les quatre leçons et propose un temps final de réflexion, sans remplacer les enseignements originaux.

Les liens vers les quatre vidéos YouTube originales sont indiqués à la fin de chaque leçon afin de permettre de suivre les enseignements complets en anglais.

Traduction biblique utilisée : Louis Segond 1910 (LSG), avec recours ponctuel à la JND dans les leçons lorsque sa formulation est importante pour le sens de l’enseignement.