Ne prends pas l’appât
Une offense peut nous être proposée sans que nous soyons obligés de la prendre. Quelqu’un peut nous blesser, nous décevoir, nous rejeter, nous trahir ou nous traiter injustement. La douleur peut être réelle. Mais prendre offense signifie recevoir intérieurement cette blessure comme un obstacle qui commence à gouverner notre cœur.
L’offense peut alors produire séparation, amertume et jugement. Elle peut surtout prendre le contrôle de notre paix et, avec elle, influencer nos pensées, nos décisions et notre capacité à suivre la direction du Saint-Esprit.
« 23Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! »
Luc 7.23 · LSG
L’offense est un piège. La question de cette deuxième leçon est donc très pratique : comment garder notre cœur lorsqu’elle se présente ?
1. S’attendre aux offenses
« 1Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! »
Luc 17.1 · LSG
Les offenses ne sont pas une anomalie réservée aux personnes spirituellement faibles. Elles feront partie de notre parcours. Nous pouvons prier, lire la Bible et grandir dans la grâce : des occasions d’être offensés se présenteront malgré tout.
S’y attendre ne signifie pas devenir méfiant. Cela signifie ne pas être pris au dépourvu. Une attaque surprise provoque facilement une réaction instinctive ; une offense reconnue comme telle peut être traitée avant de prendre le contrôle. Nous pouvons apprendre à nous dire : « Cela fait mal, mais je vois l’appât. Je ne suis pas obligé de le prendre. »
2. Choisir de pardonner rapidement
La deuxième protection est probablement la plus importante : pardonner rapidement.
« 13Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. »
Colossiens 3.13 · LSG
Le danger n’est pas seulement d’être blessé. Le danger est de laisser la blessure rester assez longtemps dans notre cœur pour qu’elle change de nature. Une offense non traitée commence à fermenter. Nous la rejouons, nous ajoutons des interprétations, nous imaginons ce que l’autre voulait vraiment dire et nous racontons l’histoire encore et encore. Chaque répétition nourrit le ressentiment.
« 26Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. »
Éphésiens 4.26 · LSG
Pardonner rapidement ne veut pas dire que la douleur disparaît immédiatement. Cela ne veut pas dire que l’autre avait raison, qu’il faut reprendre une relation dangereuse, supprimer des limites ou faire comme si un abus n’avait jamais eu lieu. Pardonner signifie d’abord refuser de laisser la faute de l’autre continuer à gouverner notre cœur.
Et ce choix ne nécessite pas toujours une rencontre avec la personne concernée. Nous n’avons pas besoin d’attendre qu’elle comprenne ce qu’elle a fait ou présente des excuses parfaites avant de commencer à pardonner. Le premier travail se fait dans notre cœur devant Dieu.
Pardonner rapidement ne signifie pas non plus que le travail intérieur sera terminé en une seule décision. Nous pouvons avoir sincèrement choisi de pardonner et sentir la douleur revenir le lendemain. Il faut alors refaire le choix de ne pas nourrir l’offense. Le pardon peut commencer en un instant, puis devoir être entretenu chaque fois que le souvenir cherche à reprendre le contrôle. L’important est de ne pas transformer le retour d’une émotion en permission de recommencer à cultiver l’amertume.
Le danger de laisser l’offense fermenter
« 13et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. 14Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. 15Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés. »
Hébreux 12.13-15 · LSG
Une racine pousse d’abord sous la surface. L’amertume aussi. Au début, nous pensons simplement être blessés. Puis le nom de la personne suffit à provoquer une réaction. Nous devenons tendus, sarcastiques ou agressifs. Nous pouvons même dire que nous avons pardonné alors que la simple évocation de l’événement nous replonge immédiatement dans la colère.
Hébreux avertit aussi que cette racine peut atteindre plusieurs personnes. Une offense privée devient parfois un climat collectif : nous cherchons des alliés, répétons notre version et entraînons d’autres personnes dans un conflit qu’elles n’avaient pas vécu.
L’amertume déforme également notre regard. Elle nous fait fixer les fautes des autres tout en devenant moins sensibles à ce qui se passe en nous. Elle érode l’optimisme, vole la joie, rend l’amour plus difficile et peut nourrir jalousie, comparaison, ressentiment, apitoiement sur soi et mentalité de victime.
Certaines offenses viennent de situations profondément graves : abandon, violence, abus, trahison, exploitation ou humiliation. Les qualifier de graves n’est pas un manque de foi. Pardonner ne rend pas ces actes acceptables. Mais l’amertume peut permettre à ce que quelqu’un nous a fait hier de continuer à exercer un pouvoir sur notre vie aujourd’hui.
La grâce de Dieu ne nous demande pas de nier ce qui s’est passé. Elle nous offre la possibilité de ne pas rester prisonniers de ce qui s’est passé. Même lorsqu’une personne estime avoir toutes les raisons du monde d’être en colère, la légitimité de la blessure ne rend pas l’amertume moins destructrice. Une excuse peut expliquer pourquoi elle est entrée ; elle ne change pas ce qu’elle produit lorsqu’on lui permet de s’installer.
Le pardon ferme la porte à l’amertume
Le pardon ne change pas le passé. Il change ce que le passé est autorisé à produire en nous.
Joseph en est une image forte. Trahi par ses frères, jeté dans une citerne puis vendu comme esclave, il se retrouve des années plus tard en position de pouvoir face à eux. Il ne laisse pas ce qu’ils lui ont fait déterminer l’homme qu’il va devenir. La maturité n’efface pas la douleur ; elle nous permet de la traverser avec Dieu sans lui donner le droit de décider de notre futur.
Il peut aussi être nécessaire de nous pardonner à nous-mêmes : pour des décisions passées, pour avoir toléré quelque chose trop longtemps, pour avoir mal réagi ou pour ne pas avoir su faire mieux à l’époque. Recevoir la grâce de Dieu, c’est aussi accepter que notre passé ne soit pas notre condamnation permanente.
3. Rester enraciné dans l’amour
« 5elle n’agit pas avec inconvenance, elle ne cherche pas son propre intérêt, elle ne s’irrite pas, elle n’impute pas le mal. »
1 Corinthiens 13.5 · JND
Rester dans l’amour ne signifie pas ressentir spontanément de l’affection pour tout le monde. Cela commence par notre propre sécurité dans l’amour de Dieu. Lorsque nous sommes persuadés qu’il nous aime, nous ne sommes plus obligés d’obtenir de chaque personne la validation, l’approbation ou le traitement parfait qui prouverait notre valeur.
Dieu m’aime, et je le crois.
Cette conviction nous permet de ne pas tenir un registre permanent des fautes commises contre nous. Nous pouvons aimer sans que l’autre ait d’abord mérité notre bonté.
« 12La haine excite des querelles, mais l’amour couvre toutes les fautes. »
Proverbes 10.12 · LSG
La haine cherche constamment de nouvelles raisons de se battre. L’offense, elle, colle difficilement à un cœur profondément imprégné de l’amour de Dieu. Pour le disciple de Jésus, l’amour n’est pas un supplément : il fait partie de notre ressemblance à Christ.
4. Garder ses pensées et ses paroles
L’offense grandit dans la pensée avant d’apparaître dans les actes. Une scène se produit une fois, mais nous pouvons la rejouer cent fois dans notre tête. Nos conversations peuvent faire la même chose : nous trouvons sans cesse un chemin pour revenir à l’incident et nous nous réexposons émotionnellement à la blessure.
« 5Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ. »
2 Corinthiens 10.5 · LSG
Une pensée n’est pas une autorité simplement parce qu’elle est apparue dans notre esprit. Nous pouvons la reconnaître, la confronter et refuser de la nourrir.
Un exercice simple l’illustre : comptez mentalement de 1 à 10 sans parler, puis prononcez votre nom à voix haute. Le comptage s’interrompt. Les mots prononcés ont interrompu le flux de pensée. Lorsque l’offense se rejoue en boucle, nous pouvons de la même manière ouvrir la bouche et déclarer ce qui correspond à notre identité et à notre décision : « Je choisis de pardonner. Cette offense ne gouvernera pas ma journée. Ce n’est pas qui je suis en Christ. » Parfois, un simple « non » suffit à interrompre une suggestion destructrice.
« 21La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; quiconque l’aime en mangera les fruits. »
Proverbes 18.21 · LSG
Nos paroles ne doivent pas servir à enflammer continuellement l’offense. Elles peuvent interrompre le cycle, rappeler la vérité et remettre nos pensées sous l’obéissance de Christ. Cela suppose aussi de surveiller la manière dont nous racontons notre histoire. Chercher de l’aide est sain ; utiliser chaque conversation pour répéter l’offense afin de rester en colère ne l’est pas. La question est simple : est-ce que mes paroles m’aident à avancer vers la liberté ou m’attachent-elles encore davantage à ce qui m’a blessé ?
5. Garder les yeux sur Christ, pas sur les gens
Les personnes peuvent nous décevoir. Jésus ne le fera pas.
« 2Ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. »
Hébreux 12.2 · LSG
Plus nous fixons notre attention sur les personnes, plus nous devenons vulnérables à leurs imperfections, leurs commentaires et leurs décisions. Les réseaux sociaux amplifient facilement ce phénomène : cinquante commentaires bienveillants peuvent disparaître de notre esprit à cause d’un seul commentaire méprisant.
« 8Mieux vaut chercher un refuge en l’Éternel que de se confier à l’homme. »
Psaume 118.8 · LSG
Une personne peut ne jamais changer, comprendre notre point de vue ou reconnaître ce qu’elle a fait. Si notre paix dépend de son changement, notre paix reste entre ses mains. Notre confiance principale doit rester en Dieu.
Certaines relations appartiennent aussi à une saison. Grandir peut parfois nous amener à prendre de la distance sans colère et sans grande déclaration. Lorsque nos yeux restent sur Christ, nous pouvons recevoir les personnes comme des dons sans leur demander de devenir notre source.
6. Prier pour ceux qui nous blessent
« 44Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. »
Matthieu 5.44 · LSG
Prier pour une personne qui nous a blessés semble parfois être la dernière chose que nous voulons faire. Pourtant, la prière agit aussi sur notre propre cœur. Elle ne nous demande pas d’appeler bien ce qui a été mal. Nous pouvons demander à Dieu d’amener cette personne à la vérité, à la grâce, à la repentance, à la guérison et à la transformation.
La prière nous fait progressivement sortir du rôle de procureur permanent. Au lieu de répéter seulement ce que l’autre mérite selon nous, nous commençons à demander ce que Dieu pourrait faire dans sa vie. L’amertume peut alors devenir intercession.
Elle nous rappelle aussi que les personnes blessantes sont parfois elles-mêmes blessées. Cela n’excuse ni la cruauté ni l’abus, mais peut faire naître de l’empathie là où notre cœur ne voyait plus qu’un ennemi.
7. Faire du Saint-Esprit notre force
Certaines offenses peuvent être lâchées assez rapidement. D’autres touchent des endroits beaucoup plus profonds. Une trahison grave, un abus, une violence, un abandon ou une humiliation répétée peuvent laisser une douleur que la simple volonté humaine ne sait pas résoudre en quelques minutes.
« 16Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. »
Galates 5.16 · LSG
Marcher par l’Esprit signifie reconnaître que la vie chrétienne n’est pas une démonstration de force personnelle. Nous n’avons pas à produire seuls la capacité de pardonner quelque chose qui nous paraît humainement impardonnable.
« 5Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. »
Romains 5.5 · LSG
Le Saint-Esprit peut travailler là où notre volonté atteint ses limites. Il peut nous aider à remettre une douleur à Dieu aujourd’hui, puis encore demain si elle revient. Il peut nous montrer quelles pensées arrêter, quelles limites poser, quelles conversations avoir ou éviter, et comment avancer sans être gouvernés par l’amertume. Certaines blessures sont si profondes que vouloir simplement « passer à autre chose » ne suffit pas. Dans ces moments, notre dépendance à Dieu n’est pas théorique : elle devient une marche quotidienne dans laquelle nous recevons, étape après étape, la force de ne plus laisser la douleur définir nos réactions.
Nous n’avons pas à vaincre l’offense seuls. Demander son aide n’est pas un échec spirituel ; c’est reconnaître la manière dont Dieu a prévu que nous vivions : dépendants de sa présence et de sa grâce.
Protéger son cœur est un processus actif
Garder son cœur ne consiste pas à attendre d’être suffisamment spirituel pour ne plus rien ressentir. Nous nous préparons avant que l’offense arrive. Nous pardonnons avant que la blessure ne fermente. Nous entretenons notre cœur dans l’amour de Dieu, surveillons ce que nous répétons, recentrons notre regard sur Jésus, prions pour ceux qui nous blessent et faisons appel au Saint-Esprit lorsque notre propre force ne suffit pas.
Le but n’est pas de ne plus jamais être blessé. Le but est de devenir une personne que la blessure ne peut plus facilement détourner de son identité, de sa paix et de la direction de Dieu.
L’offense peut venir. Elle n’est pas obligée de rester.
Pour méditer
- Y a-t-il une offense que j’ai laissée durer assez longtemps pour qu’elle commence à devenir de l’amertume ?
- Quelles pensées ou conversations continuent à nourrir cette offense au lieu de la disperser ?
- Ai-je confondu pardonner avec excuser, oublier ou reprendre nécessairement une relation ?
- Puis-je commencer à prier sincèrement pour la personne qui m’a blessé, tout en gardant les limites nécessaires ?
- Pour quelle blessure ai-je besoin d’arrêter de compter sur ma seule force et de demander explicitement l’aide du Saint-Esprit ?
Passages cités dans l’enseignement
Luc 7.23 ; Luc 17.1 ; Colossiens 3.13 ; Éphésiens 4.26 ; Hébreux 12.13-15 ; 1 Corinthiens 13.5 ; Proverbes 10.12 ; 2 Corinthiens 10.5 ; Proverbes 18.21 ; Hébreux 12.2 ; Psaume 118.8 ; Matthieu 5.44 ; Galates 5.16 ; Romains 5.5.
Source
Ce texte est un résumé en français de l’enseignement de Creflo Dollar. Les exemples, analogies et interprétations présentés ici reflètent l’enseignement de la vidéo originale. Ils ont été condensés pour la lecture.
Pour suivre l’enseignement complet, vous pouvez regarder la vidéo originale sur YouTube : How to Guard Your Heart From Offense
Traduction biblique utilisée : Louis Segond 1910 (LSG) par défaut. La Bible J.N. Darby (JND) est utilisée ponctuellement pour 1 Corinthiens 13.5, dont la formulation « elle n’impute pas le mal » restitue plus directement la nuance développée dans l’enseignement.