Se contenter de moins : renoncer au meilleur de Dieu
Après avoir parlé des conséquences d'une vie qui s'éloigne de la volonté de Dieu, cette troisième leçon aborde un autre danger : rester volontairement en dessous de ce que Dieu a prévu. Se contenter de moins, dans cet enseignement, signifie renoncer au meilleur de Dieu tout en s'accrochant à quelque chose d'inférieur.
Cela peut concerner un travail, une relation, un mode de vie, une manière de servir ou même l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Le problème n'est pas seulement d'avoir moins. Le problème est d'accepter comme définitif quelque chose qui ne correspond ni à notre identité en Christ, ni à notre potentiel, ni à la manière dont Dieu nous a façonnés.
La question n'est donc pas de poursuivre une vie spectaculaire pour impressionner les autres. Il s'agit de refuser de réduire ce que Dieu a mis en nous simplement par peur, impatience, confort ou incrédulité. La direction du Saint-Esprit reste centrale : découvrir, jour après jour, ce pour quoi nous avons été façonnés et accepter de marcher dans cette direction.
Ce que signifie réellement « se contenter de moins »
Il y a plusieurs formes de compromis qui permettent de reconnaître que nous sommes en train de nous installer dans moins que ce que Dieu veut pour nous.
1. Un compromis de notre identité
En Christ, nous sommes pardonnés, justifiés et rendus nouveaux. Pourtant, nous pouvons choisir des situations qui ne reflètent plus cette identité. Nous tolérons alors ce que nous ne devrions plus considérer comme normal simplement parce que notre passé, le regard des autres ou nos propres peurs parlent plus fort que ce que Jésus dit de nous.
2. Abaisser ses attentes
On ajuste ses standards vers le bas plutôt que de faire confiance à Dieu. Une personne peut rester dans un emploi qui ne correspond pas à ses capacités uniquement parce qu'elle se dit : « au moins, j'ai un salaire ». Une femme peut minimiser son intelligence, son appel ou sa personnalité pour ne pas déranger un homme qui se sent menacé par ce qu'elle est. Le compromis ne porte alors pas seulement sur une situation extérieure : il oblige la personne à devenir plus petite pour être acceptée.
3. Choisir le confort plutôt que la croissance
Ce qui est familier paraît plus sûr, même lorsque c'est stérile ou nuisible. Or, une grande partie de la croissance chrétienne se produit dans l'inconfort. Rester uniquement là où rien ne nous confronte peut devenir une façon d'éviter le développement que Dieu cherche à produire.
4. Échanger l'abondance de Dieu contre un simple mode de survie
On finit par considérer comme normal de seulement tenir, payer les factures, traverser les semaines et recommencer. Pourtant, Jésus ne présente pas la vie qu'il donne comme une simple survie.
« 10Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »
Jean 10.10 · LSG
L'abondance dont il est question ne se limite pas à l'argent. Elle concerne une vie pleinement vécue dans la grâce, le but, les relations, la croissance et la direction de Dieu. Le danger est de finir par appeler « normal » un niveau de vie intérieure que Jésus n'a jamais présenté comme notre destination.
Pourquoi acceptons-nous moins ?
Quatre raisons : la peur, le confort, l'impatience et l'incrédulité.
1. La peur
Elle nous pousse à nous comparer et à conclure que nous ne sommes pas capables. Pourtant, certaines capacités sont profondément inscrites en nous. Ce qui semble complexe pour quelqu'un d'autre peut nous paraître instinctif parce que nous avons précisément été façonnés pour cela. Le problème apparaît lorsque nous restons entourés de personnes qui ne comprennent pas notre manière de fonctionner et que, pour être acceptés, nous réduisons ce que nous sommes.
2. Le confort
Il produit un autre type d'immobilisme. Une relation toxique peut être familière. Un travail limité peut être prévisible. Une situation médiocre peut au moins donner l'impression d'être contrôlable. Mais le fait qu'une situation soit confortable ne signifie pas qu'elle soit juste.
3. L'impatience
Elle nous fait chercher un résultat immédiat. Creflo Dollar revient sur les débuts de son ministère : des études bibliques avec très peu de personnes, parfois presque personne. Il raconte même avoir commencé une réunion à l'heure alors que la salle était vide, simplement parce qu'il croyait devoir être fidèle à ce qu'il avait reçu. Le résultat visible n'était pas encore là, mais il considère que le succès consistait déjà à faire ce pour quoi il avait été appelé.
La différence est importante : la réussite ne se mesure pas uniquement au fruit visible et immédiat. Elle commence par la certitude d'être en train de faire ce pour quoi Dieu nous a façonnés. L'impatience nous fait quitter trop tôt un processus qui avait besoin de temps.
4. L'incrédulité
Elle nous convainc que mieux n'existe pas pour nous. Dans une relation, elle peut dire : « je ne trouverai jamais mieux, alors je prends ce que j'ai ». Dans un appel, elle peut dire : « je ne suis pas capable de faire ce que Dieu met sur mon cœur ». Et, plus profondément encore, elle peut nous empêcher de croire notre véritable identité en Christ.
Le confort immédiat peut coûter une bénédiction durable
Deux exemples bibliques servent à montrer ce mécanisme. Le premier est celui d'Israël dans le désert. Dieu avait promis un pays, mais l'incrédulité les a empêchés d'entrer dans ce repos.
« 19Aussi voyons-nous qu'ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. »
Hébreux 3.19 · LSG
Le deuxième exemple est celui d'Ésaü. Il possédait le droit d'aînesse, mais dans un moment de fatigue et de faim, il choisit le soulagement immédiat.
« 29Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue. 30Et Ésaü dit à Jacob : Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C'est pour cela qu'on a donné à Ésaü le nom d'Édom. 31Jacob dit : Vends-moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. 32Ésaü répondit : Voici, je m'en vais mourir ; à quoi me sert ce droit d'aînesse ? 33Et Jacob dit : Jure-le moi d'abord. Il le lui jura, et il vendit son droit d'aînesse à Jacob. 34Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Ésaü méprisa le droit d'aînesse. »
Genèse 25.29-34 · LSG
Le contraste est simple : une satisfaction immédiate est choisie au détriment de quelque chose de beaucoup plus précieux à long terme. C'est l'une des formes les plus fréquentes du fait de se contenter de moins. On ne veut pas attendre. On veut être rassuré maintenant, aimé maintenant, soulagé maintenant, payé maintenant, reconnu maintenant. Et ce besoin immédiat peut nous faire échanger quelque chose de plus durable contre un soulagement de quelques heures ou de quelques mois.
La patience, ici, ne signifie pas rester passif. Elle signifie rester constant dans ce que Dieu nous a demandé, avant, pendant et après la difficulté, sans laisser l'inconfort décider à notre place.
Premier danger : oublier qui nous sommes en Christ
« 17Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »
2 Corinthiens 5.17 · LSG
Se contenter de moins peut déformer notre identité. Au lieu de vivre à partir de ce que Christ a fait, nous commençons à penser : « c'est tout ce que je mérite ». Puis cette pensée devient un standard.
Le danger est que nous finissons par tolérer des choses qui ne devraient plus définir notre vie : abus, manque, compromis, dépendance au regard des autres, fausse humilité ou traitements qui nous réduisent. Le problème n'est pas que la personne soit nécessairement mauvaise ou incapable. Elle a simplement oublié qui elle est et commence à négocier à partir d'une identité déformée.
Lorsque l'identité en Christ redevient claire, certaines limites deviennent également claires. On cesse de croire que supporter n'importe quoi est une preuve de spiritualité. On peut reconnaître une situation mauvaise et décider qu'elle ne correspond pas à ce que Christ a fait en nous.
Deuxième danger : accepter l'esclavage alors que Christ a donné la liberté
« 1C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. »
Galates 5.1 · LSG
Se contenter de moins peut aussi signifier accepter une servitude que Jésus a déjà brisée. Cela peut prendre la forme d'une addiction, d'un comportement répétitif, d'une relation toxique, de mauvais traitements ou de tout autre lien auquel nous finissons par dire : « c'est simplement comme ça que je suis ».
L'immédiateté joue encore un rôle. Une personne peut chercher un soulagement rapide dans l'alcool, la drogue, la sexualité, la nourriture, le contrôle ou une relation malsaine. Le soulagement devient alors un joug. Mais nous devons refuser cette résignation : Christ a rendu libre, et le croyant n'est pas obligé de construire sa vie autour de ce qui le tient captif.
La même logique s'applique à la religion lorsqu'elle ramène sous un système de peur, de règles et d'obligations ce que Jésus a déjà accompli par grâce. La liberté ne consiste pas à vivre sans direction, mais à ne plus laisser la peur du châtiment ou la recherche de mérite définir notre relation avec Dieu.
Troisième danger : ouvrir la porte au compromis
« 1Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? 2Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? »
Romains 6.1-2 · LSG
La grâce n'est pas présentée comme une raison de maintenir un mode de vie qui contredit notre nouvelle identité. Le raisonnement est exactement inverse : puisque l'ancien homme n'est plus celui qui nous définit, nous n'avons plus besoin de traiter le compromis comme notre norme.
« 22eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, 23à être renouvelés dans l'esprit de votre intelligence, 24et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. »
Éphésiens 4.22-24 · LSG
Le renouvellement de l'intelligence n'est pas un événement unique. C'est un processus qui accompagne toute la vie chrétienne. Se contenter de moins abaisse progressivement la barre : on commence à excuser ce qu'on sait ne pas correspondre à notre identité, puis on finit par appeler cela normal. La grâce, au contraire, nous ramène continuellement vers l'homme nouveau.
Une phrase résume le danger : ce que nous compromettons pour obtenir ou conserver quelque chose finit souvent par nous coûter cette chose elle-même. Le compromis promet de sécuriser une relation, une position ou un avantage, alors qu'il fragilise en réalité ce que nous cherchons à préserver.
Quatrième danger : laisser la survie remplacer la vie abondante
Le dernier danger présenté dans cette première partie est de devenir tellement habitué au manque que nous réorganisons toute notre vie autour de lui. On ne cherche plus à sortir d'une situation émotionnelle, spirituelle ou relationnelle appauvrie. On apprend simplement à vivre avec.
La vie abondante de Jean 10.10 est opposée à ce mode de survie. Il ne s'agit pas de nier les périodes difficiles, mais de refuser d'en faire une identité ou une destination permanente. On peut manquer de paix, vivre une relation profondément déséquilibrée ou se sentir bloqué dans une situation financière, puis finir par créer une théologie qui justifie le fait de ne jamais rien attendre de différent.
Se contenter de moins devient alors dangereux parce que l'on ne cherche même plus la direction qui pourrait nous faire sortir de ce qui nous limite.
Ne pas confondre rejet et échec
Creflo Dollar illustre cette idée par l'histoire de la construction du World Dome (son église). À une époque où il cherchait un financement bancaire, une responsable lui expliqua très directement qu'il n'avait ni l'historique ni les garanties nécessaires et qu'il n'obtiendrait pas le prêt demandé. Il raconte avoir vécu la scène comme une humiliation, mais l'avoir ensuite comprise comme une forme de protection, puisque Dieu lui avait déjà dit de ne pas emprunter pour ce projet.
La construction a alors commencé étape par étape : creuser, nettoyer le terrain, niveler, couler les fondations, puis continuer à mesure que les ressources étaient disponibles. Il insiste sur le fait qu'à l'ouverture, le bâtiment n'était pas seulement « prié pour », mais « entièrement payé ».
Le rejet de la banque n'est donc pas présenté comme la preuve que le projet devait être abandonné. Il a au contraire empêché une solution qui aurait été contraire à la direction qu'il croyait avoir reçue. Cela rejoint une idée déjà présente dans les leçons précédentes : une porte fermée peut parfois nous éviter de quitter le chemin simplement parce qu'une solution rapide paraît plus facile.
Pour méditer
- Y a-t-il un domaine de ma vie où je me suis habitué à moins simplement parce que cette situation est familière ou confortable ?
- Est-ce que je réduis mes attentes, mes capacités ou ma personnalité pour être accepté par certaines personnes ?
- Qu'est-ce qui me pousse le plus souvent à choisir le soulagement immédiat : la peur, le confort, l'impatience ou l'incrédulité ?
- Y a-t-il une liberté que Christ m'a donnée, mais dans laquelle je n'ose pas encore marcher parce que j'ai accepté une forme de servitude comme normale ?
- Dans quel domaine ai-je besoin de demander au Saint-Esprit de me rendre à nouveau sensible à sa direction et de me montrer pour quoi j'ai été façonné ?
Passages cités dans l'enseignement
Jean 10.10 ; Hébreux 3.19 ; Genèse 25.29-34 ; 2 Corinthiens 5.17 ; Galates 5.1 ; Romains 6.1-2 ; Éphésiens 4.22-24.
Source
Ce texte est un résumé en français de l'enseignement de Creflo Dollar. Les exemples personnels, analogies et interprétations présentés ici reflètent son enseignement dans la vidéo originale. Ils ont été condensés pour la lecture, sans chercher à les remplacer par une autre interprétation.
Pour suivre l'enseignement complet, vous pouvez regarder la vidéo originale sur YouTube : The Dangers of Settling for Less.
Traduction biblique utilisée : Louis Segond 1910 (LSG).